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« Maman, Papa, pourquoi vous ne portez pas d’aides auditives ? »

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« Maman, Papa, pourquoi j’ai des aides auditives et pas vous ? » C’est ce que nous a demandé notre fils Ayden, oscillant entre curiosité et perplexité. Il venait de prendre conscience qu’il portait des aides auditives et le verbalisait pour la première fois. Mon mari et moi savions que nous touchions là un de ces moments – le premier d’une longue série – qui allaient influencer sa manière de se percevoir.

Si je ne peux pas maîtriser toutes les émotions de nos enfants à l’égard de leurs aides auditives et de leur perte d’audition, je peux néanmoins créer une culture, au sein de notre famille, qui encourage la confiance en soi, la ténacité et le courage. Par notre langage, notre comportement et les convictions que nous transmettons en tant que parents, nous avons une influence considérable sur la manière dont nos enfants se perçoivent. Lorsqu’Ayden a demandé pourquoi il avait des aides auditives contrairement à nous, nous avons pris une grande inspiration et plongé. Nous étions prêts. Nous savions que cette conversation allait être la première d’une longue série.

Être prêt

Mon mari et moi avions réfléchi à la façon dont nous voulions influencer la manière dont Ayden et notre fille, Sayge, allaient se percevoir et appréhender leur « handicap ». Nous avions passé des heures à parler de la manière d’adopter une attitude d’acceptation de soi, de confiance et de fierté. De nombreuses personnes rencontrées lors du parcours auditif d’Ayden nous avaient donné un excellent point de départ. Médecins et thérapeutes nous ont expliqué l’espoir et le potentiel qui s’offraient à notre fils. Notamment, en énonçant une vérité, son pédiatre nous a ouvert une perspective qui nous a encouragés et nous réconforte toujours. Nous venions tout juste d’apprendre le diagnostic et étions sous le choc.

« Tous les enfants sont confrontés à des défis », nous a-t-il expliqué. « Il se trouve que ceux d’Ayden sont plus visibles que les autres mais soyez certains que tous les enfants ont quelque chose à surmonter. » Cette vérité, pourtant simple, a posé les bases.

Et cela nous a poussés à réfléchir sur ce que nous ressentions vraiment pour Ayden et sa perte auditive. Nous lui avons expliqué que ses aides auditives l’aidaient à entendre clairement chacun de nos ‘Je t’aime’, les blagues de son frère et les gazouillis de sa petite sœur.

« Cela nous a poussés à réfléchir sur ce que nous ressentions vraiment pour Ayden et sa perte auditive. »

Ayden a continué à poser des questions, en proie à de nombreuses émotions. Nous ne voulions pas minimiser cette émotion. Nous avons reconnu ses sentiments et mis des mots dessus.

Nous avons tous nos propres défis

Pressés par les questions d’Ayden, nous lui avons expliqué que nous avions tous des défis à surmonter, que le sien était un peu plus visible que les autres, comme son pédiatre nous l’avait dit quelques années plus tôt. Nous lui avons expliqué que, oui, sa perte auditive allait engendrer des défis uniques et qu’il était légitime de ne pas avoir envie d’être différent. Mais que tout le monde a des défis à surmonter. Si ce n’est pas un problème auditif, c’est autre chose. Cela fait partie de la condition humaine.

Toujours intrigué, Ayden a continué, « Même toi, Papa ? Tu as un défi, Papa ? » « Oui, même Papa. » avons-nous répondu. Ayden a cité autant de membres de la famille qu’il a pu en demandant si, eux aussi, devaient surmonter des défis. Nous lui avons expliqué que nous ne voyons pas toujours les défis que les autres doivent relever mais nous savons que tout le monde en a.

Nous avons profité de cette discussion pour lui rappeler nos valeurs et convictions. Nous avons fait comprendre à Ayden que les défis étaient aussi l’occasion de montrer notre force, nos ‘muscles’. C’est ainsi que nous répondons aux défis qui font de nous ce que nous sommes. C’est dans ces moments-là que nous pouvons progresser. Plus nous sommes confrontés à des défis, plus nous avons l’occasion de gagner en force.

« Plus nous sommes confrontés à des défis, plus nous avons l’occasion de gagner en force. »

Nous sommes ‘prêts à les relever’. Nous ne fuyons pas, n’essayons pas de nous cacher ni de prétendre qu’ils n’existent pas. Nous leur faisons face et les surmontons.

Et, à un moment donné, lorsque vous parlez force et muscles avec un enfant de 4 ans, vous finissez inévitablement par un concours de biceps en famille. L’occasion de voir qu’ils étaient bien plus gros que la dernière fois où nous avions vérifié et de nous extasier devant leur forme bien dessinée. Ce qui devait signifier que nous devions souvent les utiliser.

Cette petite séance tout en muscles a rassuré Ayden qui a repris le cours normal de ses activités, courant dans toute la maison, comme avant. En répétant à tue-tête « Prêt à relever le défi ».

Créer un état d’esprit évolutif chez nos enfants

Nous voulons que nos enfants aient de la force de caractère – une qualité qui, avec la passion et la persévérance, est essentielle à la réussite.

Mais, comment a-t-on de la force de caractère ? Est-ce un trait de caractère inné ou peut-on l’acquérir ?

Carol Dweck, chercheur et psychologue a écrit un livre intitulé « État d’esprit : la nouvelle psychologie du succès ». Elle y fait part de dizaines d’années de recherche qui font référence à des exercices pratiques pour développer sa force de caractère. Plus spécifiquement, ceux qui possèdent ce qu’elle appelle un « état d’esprit évolutif » sont plus enclins à réussir que ceux qui ont un état d’esprit figé. Elle explique ainsi qu’il y a deux états d’esprit : figé et évolutif. Pour elle, tout le monde a la capacité de se développer et d’apprendre.

Qui plus est, avec un peu d’effort, nous avons tous la capacité de nous améliorer. Un état d’esprit évolutif signifie que l’on part du principe que coups durs et défis dans la vie sont un moyen d’apprendre et d’évoluer. L’échec n’est pas permanent dans un état d’esprit évolutif. Un état d’esprit figé tendra à penser que personne ne peut changer. Intelligence, capacité et talent sont des qualités avec lesquelles vous êtes ou n’êtes pas nés.

L’importance des mots

Je nourris l’espoir que mes enfants malentendants soient convaincus qu’ils sont forts et parfaitement capables. S’ils trébuchent, qu’ils se relèvent. Même si la vie est dure, qu’ils soient courageux et persévérants. J’espère qu’ils feront toujours face et oseront l’échec. Et qu’ils ne cesseront jamais d’essayer, d’apprendre et de grandir. Je souhaite que leur envie d’apprendre et de progresser dépasse leur peur de l’échec et du regard des autres. Je veux qu’ils se sentent libres de poursuivre leurs rêves, d’être convaincus qu’ils peuvent faire mieux grâce à l’effort et la pratique et qu’ils voient les défis comme autant de possibilités.

« S’ils trébuchent, qu’ils se relèvent. Même si la vie est dure, qu’ils soient courageux et persévérants. »

Voilà, entre autres, ce que nous disons au quotidien pour transmettre ces valeurs :

« Même si c’est difficile, nous pouvons le faire. »
« On apprend de ses erreurs. »
« Chez les Hyder, on relève le défi. »
« Tout est difficile avant de devenir facile. »
« Bravo ! »

Ces mots sont importants. Changer notre manière de parler et de penser signifie aussi changer la manière dont nous complimentons nos enfants.

Il va de soi que je les félicite pour ce qu’ils accomplissent. Mais, depuis que j’ai adopté un état d’esprit évolutif dans notre éducation, je m’oblige à les féliciter aussi dans leurs épreuves et pour leurs efforts. Lorsqu’ils lisent un livre, j’essaie de dire « Super, tu as persévéré pour lire ce mot » ou « Tu as appris quelque chose de nouveau aujourd’hui, tu as développé ton cerveau. » Pour être honnête, ce genre de compliments semblait maladroit au début. Mais, comme nous le disons, « Tout est difficile avant de devenir facile. »

À en croire Carol Dweck : « Si les parents veulent faire un cadeau à leurs enfants, la meilleure chose qu’ils puissent faire est de leur apprendre à aimer les défis, s’interroger sur les erreurs, avoir le goût de l’effort et toujours apprendre. De cette façon, leurs enfants ne deviendront pas esclaves des compliments. Ils ont toute une vie pour gagner en assurance et en confiance.

Pour en savoir plus sur l’état d’esprit évolutif

Ayden a su nous dire qu’il avait compris que ses amis et sa famille ne portaient pas d’aides auditives comme lui. Nous savions, en tant que parents, que cette prise de conscience était inévitable. Et, bien évidemment, nous avions préparé nos réponses. Les mots que nous prononcions, nous les avions déjà dits de nombreuses autres façons. De même, les idées que nous exprimions faisaient partie intégrante de notre famille.

Ayden a donc rebondi très rapidement. Mais cela ne sera pas toujours le cas. Nous savons que cette conversation n’est pas terminée. Par conséquent, nous allons continuer à dire à nos enfants que tout le monde est confronté à des défis. Certains défis semblent différents des autres. Ainsi armés, ils sauront que passion et persévérance leur permettront de réaliser leurs rêves et, lorsqu’ils rencontreront des problèmes, ils sauront « relever le défi ».

Et vous, quelles sources d’inspiration utilisez-vous ? Faites-nous en part en commentaires !

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Melissa Hyder
Melissa Hyder est mère de 3 enfants et adore la vie. Elle aime l'aventure, depuis porter un rouge à lèvre vif pour la première fois jusqu'à explorer voyager dans une région inexplorée. 2 de ses enfants ont une perte auditive modérée à sévère, probablement génétique. Ils portent des aides auditives Phonak Sky ou comme ils les appellent leurs "Supers oreilles".

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