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L’impact de la perte auditive de transmission sur le cerveau

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Il vous est sans doute déjà arrivé d’entendre moins bien, en raison d’une otite ou d’un bouchon de cérumen, et d’avoir ce que l’on appelle une perte auditive temporaire.

Selon une nouvelle étude, « une gêne, même très brève, de l’audition peut entraîner des changements notables dans le système auditif, altérant le comportement et la structure des cellules nerveuses qui relaient l’information de l’oreille au cerveau. »  Portant sur ce qu’il se produit lorsque des souris sont exposées à une perte auditive de transmission temporaire sur une durée de trois jours à plus d’une semaine, les résultats de cette étude ont été publiés dans le Journal of Neuroscience.

« Nous voulions savoir ce qu’il se passait au niveau du tronc cérébral, dans les cellules qui viennent de l’oreille » explique Matthew Xu-Friedman, chercheur principal, docteur et maître de conférence en sciences de la biologie au College of Arts and Sciences de l’université de Buffalo. « Et nous avons vu que des changements notables survenaient en quelques jours. Reste à savoir, néanmoins, si les cellules retrouvent leur état normal lorsque des conditions acoustiques normales sont restaurées. Notre étude nous a permis de voir qu’elles semblaient se remettre mais nous ne savons pas encore si elles récupèrent complètement. »

    « Notre étude nous a permis de voir qu’elles semblaient se remettre mais nous ne savons pas encore si elles récupèrent complètement. »

Résultats de recherche

Soumises à une perte auditive de transmission temporaire, les cellules du nerf auditif des souris ont commencé à utiliser leurs réserves de neurotransmetteurs (composés chimiques qui aident à envoyer des signaux de l’oreille au cerveau) plus librement que d’ordinaire. Chaque fois qu’un nouveau signal auditif arrivait, elles vidaient leurs réserves de neurotransmetteurs, l’espace au sein des cellules qui accueillait les vésicules, ces structures en forme de sac où les composés chimiques des neurotransmetteurs sont conservés, diminuant simultanément.

« Dans le calme, les contraintes sur le nerf auditif ne sont pas aussi importantes, » explique Matthew. « Il est donc logique que nous voyions ces changements : une telle quantité de neurotransmetteurs n’étant plus nécessaire, pourquoi donc en stocker ? Si vous ne roulez pas énormément, vous n’avez pas besoin d’un immense réservoir. Et vous n’avez pas peur de consommer ce que vous avez. C’est ainsi que nous pouvons expliquer ce que nous avons observé. » Lors d’une précédente étude, l’équipe de Matthew avait placé les souris dans un environnement constamment bruyant. Elle avait alors découvert que les cellules du nerf auditif des souris conservaient des réserves de neurotransmetteurs, tout en augmentant la capacité de stockage des composés chimiques.

« Il semble que nous soyons face à deux aspects d’une même réalité, pouvant laisser supposer que les cellules nerveuses régulent leurs connexions en fonction de leur activité, » précise Matthew.

Inverser les changements

« Lorsqu’elles ne sont plus soumises au traitement, les cellules commencent à ressembler à ce qu’elles étaient auparavant, » ajoute-t-il. « Néanmoins, reste à savoir si elles récupèrent complètement. Et pour le savoir, nous devons poursuivre nos recherches. »

Et après ?

Il envisage de mener une étude sur ce qu’il se passe lorsque les cellules sont régulièrement soumises à des accès de perte auditive de transmission temporaire. « Petite, ma fille a fréquemment eu des otites. Elle en faisait une, en gros, chaque fois qu’elle avait un rhume, » se souvient-il. « J’ignore quelles en sont les conséquences sur son audition, si le fait d’avoir les oreilles régulièrement bouchées a des effets durables ou si les effets sont temporaires. Si les cellules nerveuses ne retrouvent pas entièrement leur état initial, cela pourrait influer de façon permanente sur la manière dont nous percevons le son. »

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Angie Aspinall
Angie est journaliste freelance, photographe, conceptrice de sites web et conseillère en médias sociaux pour Aspinall Ink (www.aspinallink.co.uk). Elle vit en Écosse avec son époux Richard et leur westie, Tilly (@TillytheWestie). Vous pouvez suivre le groupe de discussion international d’Angie #HearingLossHour sur Twitter @hearinglosshour.

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