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8 astuces pour renforcer votre relation avec votre entourage

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Je me suis adapté de différentes façons à ma perte auditive et j’ai également demandé à mon entourage – amis, collègues et connaissances – de s’y adapter. Puis, après quelque 35 années de pratique, j’ai pensé qu’il était temps de rafraîchir mon mode relationnel.

Bien que nécessaire, il est gênant de devoir demander aux autres de répéter, sans cesse et pendant des années. Lorsque l’on entend mal, on peut toujours essayer de faire semblant mais, tôt ou tard, on est démasqué. Ceci étant, il est également vrai que mon audition n’est pas toujours seule en cause lorsque ce que l’on me dit n’est pas clair. Il arrive que les gens marmonnent, parlent dans un filet de voix, se tournent ou fassent encore quelque chose qui rend difficile la communication.

Alors, comment conserver de bons rapports malgré sa perte auditive ?

Voici 8 astuces pour régénérer vos échanges et vos relations.

Être conscient de l’espace

L’endroit choisi pour retrouver vos amis et proches joue un rôle clé dans les conditions d’écoute. C’est pourquoi j’essaie de ne pas rencontrer une personne pour la première fois dans un lieu bruyant et suggère un cadre plus tranquille.

Dans la cuisine, je demande à ce qu’on ne fasse pas couler l’eau, qu’on ne range pas de vaisselle ni ne s’attelle à une tâche bruyante si je suis engagé dans une conversation.

Privilégier le face à face

J’ai déjà expliqué à quel point il est difficile de converser au téléphone lorsque l’on entend mal. Difficultés qui, en ce qui me concerne, ne cessent d’empirer. Technologie, culture, accents, type de voix et particularités font partie de ce halo qui entoure la parole aussi bien au téléphone qu’en face à face. Les téléphones mobiles ont leurs caractéristiques, comme les téléphones sans fil, les portables à clapet et même les téléphones filaires. Sans parler des conversations avec haut-parleur.

Afin d’être prévenu d’un appel et d’en connaître l’auteur, j’ai appris à demander un message ou un mail. Je prie même parfois certains de m’envoyer un message ou un mail au lieu d’appeler si je sais que nos échanges téléphoniques sont laborieux.

Se placer

Si un interlocuteur me tourne le dos, je lui demande de me faire face lorsqu’il me parle. En voiture, soit je conduis, soit je suis passager et je m’en sors dans la plupart des conversations. Si je suis à l’arrière, je m’assois côté gauche pour bénéficier du champ sonore le plus large. Il est ainsi plus facile de rester engagé dans la conversation.

Trouver le bon moment

Je sais désormais que tôt le matin et tard le soir la qualité d’une voix change. Au réveil ou au moment de se coucher, ou bien en raison de la fatigue, du stress, de l’attention et de l’activité de la journée, je sais que la communication ne va pas être facile et je ne force rien. Je suis conscient que cela risque d’affecter la communication.

Prendre soin de la technologie auditive

J’ai pu découvrir, à plusieurs reprises, que je devais changer mes piles et mes filtres plus régulièrement. Récemment, lors d’un week-end entre amis, j’ai eu du mal à entendre. En rentrant à la maison, je me suis souvenu qu’il fallait que je change mon filtre. Je dois garder en tête qu’un changement ne se fait pas à date fixe et qu’il me faut être attentif aux défaillances techniques. 5% de décibels en moins en raison d’un filtre obstrué et une conversation agréable peut devenir stressante et pénible.

Demander de l’aide

J’ai la chance d’avoir une compagne qui, depuis le jour de notre rencontre il y a quelques mois, s’est adaptée. Elle s’est montrée (généralement) patiente, me demandant si j’entendais ce qu’elle disait ou si elle devait répéter. Néanmoins, il arrive que notre communication soit ce qu’elle a été lorsque nous nous sommes rencontrés. Je dois parfois lui rappeler comment bien communiquer avec moi dans différentes situations. Mais, désormais, grâce à l’expérience acquise, elle sait immédiatement ce qu’il faut faire et nous pouvons continuer. Ces rappels sont inévitables, nous le savons.

Aujourd’hui, je n’hésite pas à demander à ceux dont la voix fait que j’ai du mal à les comprendre de parler plus fort ou de répéter jusqu’à ce que je comprenne ce qu’ils essaient de me dire. Je suis convaincu que les personnes qui ont un accent ou une voix singulière en sont conscientes. Elles sont généralement disposées à s’adapter. Pour moi, l’effort de communication est à double sens et non le seul lot du « déficient ». Ne l’oubliez pas et ne soyez pas gêné de demander ce dont vous avez besoin pour mieux communiquer.

Je remercie ici bon nombre de mes amis et collègues de longue date. Chaque fois que nous sommes ensemble, ils sont immanquablement conscients de mon état. Ils s’adaptent aisément, me demandant par exemple quelle place est plus appropriée, pour eux ou pour moi, afin que je les entende bien. Et lorsqu’une conversation commence, ils veillent à m’inclure. Ils sont, dans l’ensemble, géniaux.

Savoir gérer des groupes

Les réunions en groupe sont bien évidemment difficiles et je fais mon possible pour participer mais j’ai arrêté d’essayer (et faire semblant) d’être impliqué. Je peux en faire partie comme je peux me contenter d’observer, laissant mon esprit me guider. Je prends part à la conservation lorsque j’y arrive. Et généralement, quelqu’un remarque mon isolement et vient me parler. J’apprécie ces instants où toute la responsabilité de la communication ne repose plus sur mes épaules.

Les conversations en groupe sont fatigantes car chaque interlocuteur parle avec une puissance, une architecture et des propriétés vocales et sonores différentes. En conséquence, je dois instantanément m’adapter à chaque phrase prononcée par un nouvel interlocuteur.

De nouveau, au lieu de demander à tous de parler plus lentement et d’une voix quasi égale, je me mets en recul. Je comprends le mécanisme de l’isolement, pour le pratiquer régulièrement. Mais être impliqué n’est plus une nécessité et je possède désormais tout un éventail d’attitudes qui me permettent de rester dans la partie. Tout ne tourne pas autour de la parole.

Être patient

Je ne peux pas changer ce que je suis ni la manière dont j’entends, quelle que soit la position que j’adopte ni la technologie dont je m’équipe. Parfois, rien ne marche. Ce n’est pas grave. Je choisis alors simplement d’adapter mon aide auditive et mes rapports en conséquence. Il m’est arrivé de renoncer à certaines relations dont les échanges étaient trop pénibles.

Je ne conçois pas la vie, l’amour, l’amitié et le travail sans lien. Ils enrichissent la vie et la rendent plus douce et je ne veux rien manquer. Mais toutes les relations n’apportent pas le même degré de satisfaction ni ne peuvent être conservées si la communication est difficile.

Alors soufflez. Donnez à ceux qui vous sont chers un cours de rattrapage. Il faut répéter les choses plusieurs fois pour qu’elles rentrent. Alors répétez-les, aussi souvent que nécessaire. Ceux qui se soucient de vous et de votre relation comprendront et s’adapteront. Ils apprécieront également que vous les aimiez assez pour en parler.
Avez-vous dû revoir vos rapports en raison de votre perte auditive ? Quelles solutions s’avèrent efficaces avec votre conjoint(e), vos amis, vos collègues et autres ?

 

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Stu Nunnery
Stu Nunnery est écrivain, conférencier, compositeur, musicien, artiste exécutant, acteur et activiste. Il vit dans le Rhode Island. Proche de musiciens et chanteurs qui, comme lui, présentent des problèmes de déficience auditive, il aime écrire et parler de ce sujet qu’il connaît bien pour souffrir d’une perte auditive neurosensorielle bilatérale depuis 35 ans. Il n’entend que d’une oreille et ne voit que d’un œil, ce qui parfois lui offre d’intéressants défis sensoriels. Il essaie d’être une source d’aide, d’espoir et d’inspiration pour ceux qu’il appelle affectueusement les « orphelins du son ».

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